Six idées reçues sur le tourisme en France !

Rares sont les secteurs d’activité qui cumulent autant d’idées reçues que le tourisme. Voici un florilège des affirmations les plus courantes qui sont aussi les plus inexactes.

 

1 - Les touristes sont des vacanciers : pas uniquement

Au tourisme de loisirs, il faut ajouter le tourisme d’affaires qui concerne les déplacements des salariés, mais aussi les séminaires, les réunions d’entreprise, les conventions… Grand oublié des politiques publiques, ce secteur est pourtant important. Il est estimé à 29 milliards d’euros en France et a crû de 3 % en 2017.

Mais attention, dans ce domaine comme dans d’autres, la concurrence internationale ne cesse de s’intensifier. Si la France s’affiche comme le cinquième pays ayant accueilli le plus d’évènements internationaux, elle est nettement distancée par les États-Unis et l’Allemagne, mais aussi devancée par le Royaume-Uni et l’Espagne.

 

2 - La France, première destination touristique mondiale : vrai et faux

En nombre de visiteurs et de nuitée, la France tient la corde. Mais ces chiffres sont trompeurs. Sur les 88 à 89 millions de visiteurs étrangers en 2017, tous ne s’attardent pas en France. Chaque année, on estime qu’au moins 15 % d’entre eux ne font que passer par notre pays qui est une plaque tournante en Europe, notamment au niveau aérien.

Si on raisonne en termes de recette, le résultat est encore moins brillant. Avec quasiment le même nombre de visiteurs, l’Espagne a généré 87 milliards d’euros de recettes contre 54 milliards pour la France. Grâce à une politique volontariste, notre voisin n’est pas seulement devenu numéro 1, il a pu amortir les effets d’une crise économique particulièrement dure.

À noter qu’en Europe, la France est également distancée par l'Allemagne et le Royaume-Uni dont les recettes progressent de 3 % quand celle de notre pays n’augmente que de 1 %. Vraiment pas de quoi coqueliner !

 

3- Il faut attirer plus de touristes pour générer des recettes plus importantes : pas tout à fait

100 millions de visiteurs, c’est l’ambition affichée par la France, un chiffre qui ne cesse de hanter l’esprit de nos décideurs publics. Cela ne devrait pourtant pas être un objectif en soi. La priorité devrait d’abord viser à augmenter les recettes générées par le tourisme. La dépense moyenne par visiteur étranger toutes origines confondues s’établit à 260 euros en 2017. Mais cette moyenne, comme toujours, cache d’importantes disparités.

Tous les touristes ne consomment pas la même chose. Quand les Chinois et les Japonais dépensent en moyenne 1.500 euros, les Russes et les Américains en déboursent entre 500 et 1.000 et nos voisins européens dépensent moins de 500 euros. Le calcul est vite fait. Pour générer plus de richesses et d’emplois, il faudrait attirer plus de visiteurs lointains.

 

4- Le tourisme est notre point fort : vrai et faux

Vrai, car notre pays dispose d’une image internationale suffisamment forte pour surmonter les évènements les plus graves comme les attentats et les perturbations les plus fréquentes en l’occurrence celles que génèrent des grèves à répétition. Mais cette capacité de résilience ne constitue pas une rente.

Nos points faibles nous les connaissons. Les organismes chargés de la réputation touristique de la France ne sont pas à la hauteur des enjeux. L'Ile-de-France continue d'attirer la moitié des touristes. Enfin, notre vaisseau amiral, Paris, est sérieusement concurrencé par Londres où tout paraît beaucoup plus simple, aussi bien en termes de déplacements que de shopping.

 

5 - Le tourisme est un secteur moins important que l’industrie : faux

Avec l’agroalimentaire, le tourisme est le seul secteur excédentaire de notre balance commerciale. À chaque fois que l’activité touristique se grippe, c’est donc notre économie qui éternue. En 2017, le solde des échanges de services a généré un excédent de 5,4 milliards d’euros grâce aux bonnes performances du secteur touristique.

Voilà qui devrait être une bonne raison pour privilégier un peu moins le nombre de touristes et un peu plus ce qu’ils dépensent dans notre pays. Malheureusement, on considère encore une fois cet acquis comme une rente de situation quand il faudrait, au contraire, investir massivement pour augmenter la profitabilité du secteur. N’oublions pas que des régions entières seraient totalement désertées et sinistrées si le tourisme n’existait pas.

 

6 - La France est le pays des palaces : pas vraiment

Vrai, car la France est le premier et actuellement le seul pays qui ait officialisé la catégorie palace. De nombreux critères sont à respecter pour obtenir cette dénomination, dont la qualité de la restauration, une réponse rapide et adaptée aux demandes des clients, un service 24/24 et 7 jours sur 7, un personnel important et toujours disponible…

 

Si des hôtels prestigieux ont réalisé de coûteux travaux pour obtenir la distinction palace, ce sont surtout ces points qui font la différence au niveau de la clientèle et qui, malheureusement, constituent le gros point faible de certains d’entre eux. Il est vrai que la France est passée de 12 palaces en 2012 à 24 aujourd’hui. Au point qu’on peut se demander si d’exceptionnelle, cette appellation n’est pas sur le point de se banaliser. Une chose est sûre : la majorité des établissements français haut de gamme peinent à rivaliser avec leurs concurrents nord-américains et asiatiques.

 

Source "Les Echos" - juin 2018

La grève SNCF a déjà un impact sur le tourisme

Les professionnels du secteur s'inquiètent des conséquences de la grève, alors que se profilent les vacances scolaires et les ponts de mai.

Les deux premiers jours de grève n’étaient qu’un tour de chauffe. Alors que le deuxième épisode du mouvement des syndicats de la SNCF devrait s’étendre de samedi 20 heures à mardi matin, et que le calendrier d’action prévoit deux jours de grèves sur cinq jusqu’en juin, le tourisme en France pourrait être fortement impacté. Entre vacances scolaires au mois d’avril et ponts du mois de mai, la période est en effet propices aux déplacements touristiques. Europe 1 fait le point sur les conséquences de ces perturbations.

 

La zone C particulièrement impactée. Le timing tombe mal, à la fois pour les vacanciers et les professionnels du tourisme. Alors que les vacances commencent vendredi soir pour les académies de Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon, et Poitiers, la grève à la SCNF doit reprendre samedi soir. D’importantes perturbations sont donc à prévoir dimanche, mais également dans la journée de samedi où un important afflux de voyageurs est à prévoir.

 

Comme le note Business Insider, les vacanciers de la zone C, des académies de Créteil, Montpellier, Paris, Toulouse, et Versailles seront les plus impactés. Les vacances s’y étendent du samedi 14 au dimanche 29 avril, or les jours de départs, les 13 et 14, sont des jours de grève, tout comme les samedi et dimanche de retour, les 28 et 29 avril.

 

2017, une bonne année pour le tourisme. Si les perturbations à prévoir inquiètent les Français, dont 33% d’interrogés se disent pénalisés par la grève que ce soit pour aller au travail ou pour préparer leur départ en vacances, dans un sondage de Franceinfo, il en va de même pour les professionnels du secteur du tourisme. Les trois mois de grève couplés à la particularité stratégique des périodes de vacances pourraient en effet mettre un coup d’arrêt à un bilan pourtant particulièrement satisfaisant pour le tourisme français. Le 3 avril, l’Insee a annoncé une hausse de 5,6% de la fréquentation hôtelière en France en un an avec 429 millions de nuitées. Mais ça, c'était avant le début de la grève...

 

« Rien qu’au mois d’avril, nous avons déjà observé un recul de 10% du taux d’occupation de nos établissements », s’alarme dans La Croix Rolland Héguy, président de l’Union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie (UMIH), avant d’évaluer les pertes du secteur hôtelier à 150 millions d’euros rien que pour le mois d’avril.

 

Toujours dans le quotidien catholique, Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme, évoque quant à lui 500 millions d’euros de manque à gagner » dans la restauration, les transports, et l'hôtellerie, sur les trois mois. Mais souligne-t-il, rien à avoir avec le désastre de l’année 2016, « où les grèves, les attentats, et les inondations relayées sur les chaînes internationales avaient coûté près de 4 milliards d’euros » au secteur.

 

Jusqu'à 30% de réservations annulées. Et sur les zones de vacances, les effets de la grève se font déjà douloureusement sentir. Dans un reportage de France 2, les responsables d’un hôtel marseillais indiquaient mardi que 30% des réservations avaient été annulées. Selon le gérant d’un hôtel de La Rochelle, les annulations sont particulièrement fortes chez les étrangers. « Ils ne comprennent pas notre façon de fonctionner en France. Ils vont éviter de venir s’ils savent qu’il y a le moindre risque" pour atteindre leur destination, explique-t-il.

 

Les "cars Macron" et Blablacar grands gagnants. Deux acteurs du transport semblent tirer profit des perturbations. Tout d’abord, les fameux « cars Macron ». « Nous avons eu 60% de réservations en plus mardi et nous avions 300 cars qui ont sillonné les routes au lieu de 250 en temps normal » a expliqué jeudi Raphaël Daniel, directeur de la communication de FlixBus France, comparant les chiffres à ceux de Noël ou du mois de juillet. De son côté, Isilines indique avoir enregistré une « fréquentation quatre fois supérieure » à la normale. Autres grands gagnants, les plateformes de covoiturage comme Blablacar, qui va par ailleurs lancer un service de transport en autocar sur trois axes opérationnel les vendredis, dimanches et jours de grèves.

 

 

Hausse des prix. Pas sûr cependant que les Français soient gagnants au final. L’afflux de voyageurs a en effet entraîné une hausse des prix non négligeable. Chez Flixbus et Ouibus par exemple, il fallait débourser environ 30 euros pour un Paris-Lille à la dernière minute, contre 9 euros pour le billet le moins cher, acheté en avance. Mais les trois compagnies insistent : elles n'ont pas changé leurs grilles tarifaires. Le courrier de l’Ouest note de son côté qu’un trajet Angers-Paris coûtait jusqu’à 55 euros mercredi contre 12 à 15 euros habituellement chez Ouibus. Une hausse également présente chez Flixbus, avec un prix maximum à 39,90 euros.

 

Source Europe 1 - le 6/04/2018

Les Chinois sont devenus la 1ère clientèle non européenne de la France

La Banque de France estime à 54 milliards d'euros le montant des recettes touristiques en 2017. Les Chinois constituent désormais la cinquième clientèle étrangère et la première non européenne avec un total de 4 milliards.

A l'heure où le gouvernement mène une  politique active en faveur du tourisme , la Banque de France a de quoi l'inciter à mettre plus que jamais du cœur à l'ouvrage. L'institution estime en effet à 54 milliards d'euros le montant des recettes résultant du tourisme international en France en 2017, soit un gain de 5 milliards par rapport au chiffre revu à la hausse pour 2016. Un montant à comparer aussi au solde négatif de la balance des transactions courantes en 2016, à 19 milliards...

Record

Ce chiffre sans précédent coïncide avec une fréquentation étrangère record l'an passé. Non encore arrêté, le nombre de touristes étrangers devrait en effet être compris entre 88 et 89 millions, à comparer aux 83 millions de visiteurs en 2016, une année noire pour cause de terrorisme, le précédent record remontant à 2015 (84,5 millions).

La Banque de France a amélioré la mesure des retombées du tourisme international avec, entre autres, l'accroissement de certains échantillons de clientèles passées en revue - cela vaut en particulier pour les Chinois, les Indiens et les Japonais -, la « pleine exploitation des données de cartes bancaires », et la collaboration de nouveaux pays, notamment la Chine.

Troisième rang

L'affinage du traitement statistique est tel qu'il a conduit la Banque de France a relever de 11 milliards d'euros le total de recettes touristiques pour 2016, porté de 38 milliards à 49 milliards. En conséquence, la France, qui fait office de première destination au monde en nombre de visiteurs internationaux, gagne deux places dans le classement également établi par l'Organisation mondiale du tourisme pour les recettes, passant du cinquième au troisième rang, se plaçant derrière l'Espagne (55 milliards d'euros) et les Etats-Unis (186 milliards). Par ailleurs, la meilleure prise en compte des clientèles lointaines, et pas seulement asiatiques, n'est pas sans conséquences dans la mesure de l'apport de chacune d'entre elles à l'économie nationale.

Enjeu chinois

La Banque de France, qui publiera le 10 avril ses données définitives pour 2017 avec les chiffres de la balance des paiements pour l'année écoulée, confirme certes la prépondérance des touristes européens mais souligne l'enjeu du tourisme chinois. La Chine est en effet devenue la cinquième clientèle de la destination France et la première non européenne, doublant ainsi les Etats-Unis, avec un total de recettes estimé à 4 milliards d'euros, selon la nouvelle méthode de calcul de la Banque de France, à comparer à 1 milliard d'après l'ancienne. La recette moyenne par visiteur chinois s'élève désormais à 1647 euros, précise l'institution. A titre de comparaison, le changement de méthode pour les touristes relevant de la zone euro se traduit par un accroissement de 1,4 milliard d'euros dans le total des recettes qu'ils génèrent, à 21,8 milliards.

Compte tenu de son potentiel touristique à l'international, la Chine marche de surcroît à grand pas vers le « Top 4 européen » qui domine le classement des clientèles étrangères de la destination France. L'écart n'est que de 900 millions d'euros avec l'Allemagne, qui occupe le quatrième rang, sur la base des estimations de la Banque de France. Largement en tête du classement, avec un total de recettes de 6,4 milliards d'euros, les Belges ont de quoi voir venir.

 

Source : "Les Echos" du 31/01/18

Tourisme : le gouvernement se fixe "une feuille de route" de deux ans

Le gouvernement a calé sa politique touristique pour deux ans. Une première série de mesures est déjà lancée.

 

Très attendu par les professionnels du secteur, le « Conseil interministériel du Tourisme» (CIT) - le premier du genre -, qui s'est tenu le 26 juillet sous la houlette du Premier ministre, a donné lieu à un passage à l'action sans délai.

D'entrée de jeu, les pouvoirs publics ont non seulement affiché leur volonté d'agir mais aussi de récolter des résultats rapidement, l'objectif - réaffirmé - étant de conforter la place de la France en tant que première destination avec 100 millions de visiteurs internationaux en 2020 (88 à 89 millions attendus cette année), soit, à terme, 50 milliards d'euros de recettes (une dizaine de milliards en plus).

 

Délivrance des visas en 48 heures étendue

 

La première de la dizaine de mesures annoncées mercredi est d'ailleurs un levier déjà éprouvé d'accroissement de la fréquentation étrangère puisqu'elle consiste à étendre à huit nouveaux pays la procédure de délivrance des visas en 48 heures. Ils sont sept aujourd'hui à en bénéficier, la durée d'attente étant même de 24 heures pour la Chine (depuis début 2016). D'ici au 1er novembre, seront concernés par le traitement en deux jours la Russie, l'Inde, l'Indonésie, la Thaïlande, les Philippines, le Cambodge, le Laos, et la Birmanie. Pourraient s'y ajouter en 2018 l'Arabie saoudite et le Vietnam.

Autre mesure, relevant carrément de l'urgence pour les professionnels : le désengorgement des postes frontières dans les aéroports parisiens. A compter du 1er janvier 2018, promet le gouvernement, le temps d'attente sera au maximum de 30 minutes pour les ressortissants européens et de 45 minutes pour les autres visiteurs étrangers. En parallèle, les autorités planchent sur diverses « pistes » pour fluidifier les opérations de détaxe, notamment dans les aéroports.

 

Dans le registre pratique, il a été également annoncé à l'issue de ce CIT l'engagement d'un plan d'entretien (ramassage des détritus, espaces verts) des autoroutes reliant les aéroports franciliens à Paris par appel au privé. Par ailleurs, un plan d'investissement pour la rénovation des stations balnéaires et de montagne est en préparation. Pour ce faire, « un dispositif incitatif sera recherché ». Il ne s'agirait pas d'une carotte fiscale, laisse-t-on entendre à Matignon, où l'on indique réfléchir aussi à une simplification des procédures administratives.

 

Feuille de route de deux ans

 

Cette première vague de mesures en appellent d'autres car le gouvernement s'est fixé « une feuille de route » de deux ans avec un planning de réunions courant jusqu'en juillet 2019. Celui-ci sera, comme attendu (« Les Echos » du 21 juillet), rythmé par un conseil interministériel tous les six mois avec des thèmes spécifiques. Un suivi d'autant plus ancré dans la « réalité du terrain » que des personnalités qualifiées participent à ces dit conseils (le chef Alain Ducasse, la directrice générale de Booking.com, Gillian Tans, ainsi que les PDG d'AccorHotels, des Galeries Lafayette et de Voyageurs du Monde étaient, entre autres, conviés mercredi).

 

Le gouvernement a globalement déterminé « six domaines prioritaires » : l'accueil et la sécurisation des sites ; la structuration de l'offre touristique ; le soutien de l'Etat aux investissements, sachant qu'une enveloppe de 1 milliard d'euros sur cinq ans avait été décidée fin 2015; la formation et l'emploi ; le soutien à la numérisation et au partage de l'information ; enfin, l'accès aux vacances au plus grand nombre.

 

Source : "Les Echos" du 26/07/17

Les touristes étrangers commencent à revenir en France

Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais les dernières statistiques dont dispose Atout France, l'agence en charge du tourisme et notamment de la promotion du pays, témoignent d'une reprise significative, voire spectaculaire pour certaines clientèles, de la fréquentation de la France métropolitaine.

Les arrivées aériennes internationales sont ainsi en hausse de 8 % pour les deux premiers mois de 2017 par rapport au cumul constaté un an auparavant avec, dans le détail, de fortes progressions pour certaines nationalités « clefs » : + 8,8 % pour les Chinois ; + 13,3 % pour les Américains ; + 25,1 % pour les Russes et même + 46,9 % pour les Japonais. Mieux, à + 8,8 %, la tendance apparaît confortée au vu des carnets de commandes sur les trois mois suivants avec, là aussi, des augmentations spectaculaires pour ces mêmes clientèles, exception faite des Chinois (- 4 %). La hausse culmine ainsi à + 63 % pour les Japonais, sachant qu'elle s'élève à 54,4 % pour les Russes et à 20,2 % pour les Américains. « C'est un retour progressif à la normale », commente le directeur général d'Atout France, Christian Mantei, avant de rappeler que « la fréquentation japonaise avait chuté de 45 % à 50 % » après l'attaque terroriste du 13 novembre 2015.

 

Par ailleurs, les actions conjointes de l'agence avec la Ville de Paris et la région Ile-de-France porteraient leurs fruits. Une bonne nouvelle pour... Nice ou Cannes.

 

Le comité régional du tourisme Côte d'Azur France, opérateur pour les Alpes-Maritimes, et Atout France ont en effet signé mardi leur partenariat visant à mettre en oeuvre le plan de relance de la destination azuréenne, avec l'appui du privé (compagnies aériennes et aéroports). Au total, 2,4 millions d'euros seront consacrés à des opérations de communication en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Le tourisme azuréen a toutefois bien résisté en 2016 avec une baisse des nuitées (hôtels et résidences) limitée à - 3 %. Et les perspectives lui sont favorables avec des réservations aériennes sur Nice en hausse de 5 % à partir d'avril.

Source : "Les Echos" du 22/03/17

Beaune, Chablis et Mâcon : trois cités des vins pour la Bourgogne

Les vignerons misent sur l'oenotourisme dans la foulée de l'inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité.

 

A l'issue de vingt ans d'évocation et de six années de réflexion, viticulteurs et négociants, réunis au sein du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB), ont décidé de réaliser non pas une, mais trois cités des vins : à Beaune, Chablis et Mâcon. Fin décembre, les représentants des deux familles viticoles ont voté à 72 % en faveur du projet. Le tiers d'opposants est à rechercher parmi les plus riches viticulteurs de Côte-d'Or, dont l'organisme de défense et de gestion (ODG) de Gevrey-Chambertin.

 

Conçus pour fonctionner en réseau, les trois sites vanteront les vins de leur terroir, mais aussi ceux de toute la Bourgogne en collaborant aussi avec la future cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon. A Beaune (Côte-d'Or), la cité sera édifiée par la ville sur un terrain d'une dizaine d'hectares dans le cadre d'une vaste opération urbaine où l'acteur Christophe Lambert devrait investir dans un hôtel cinq étoiles. La cité des vins de Bourgogne et le centre d'interprétation des climats de Bourgogne, inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco, seront réunis au même endroit sur 3.600 m2.

 

Réhabilitation d'espaces

Le projet mâconnais prendra place sur 1.900 m2 au sein de l'actuelle maison des vins avec une petite extension et une réhabilitation d'espaces existants. Plus modeste, la cité des vins de Chablis et de l'Auxerrois (Yonne) intégrera sur 900 m2 un ancien cellier du XIIe siècle. L'investissement global s'élève à 16,6 millions d'euros, dont 3 millions alloués par le BIVB, les trois quarts des financements provenant des collectivités territoriales et de l'Europe.

L'ouverture au public est prévue courant 2019 à Chablis et Mâcon et, un peu plus tard, pour Beaune. La gestion sera confiée à une structure liée au BIVB ou déléguée à un opérateur privé. Modestes dans leurs prévisions de fréquentation, les professionnels tablent sur 100.000 visiteurs à Beaune, 65.000 et 63.000 à Mâcon et Chablis. Ce qui leur permettrait de couvrir les coûts d'exploitation estimés à moins de 4 millions d'euros au total. Des chiffres qui devraient être largement dépassés, sachant que les ventes générées par l'oenotourisme sont estimées à 8 %, soit 18 millions de bouteilles.

Source : "Les Echos" du 30/01/17

Le succès des destinations de l’Europe du sud n’enraye pas le recul du marché français du voyage

Pour la cinquième année d’affilée, le trafic des tour-opérateurs a fléchi de 4% sur leur exercice 2015-2016, clos fin octobre. Les réservations pour la saison d’hiver 2016-2017 sont toutefois positives et encourageantes.

 

Les années commerciales se suivent et se ressemblent pour les voyagistes : le marché français du voyage à forfait n'en finit pas de se contracter, sous la pression conjuguée d'une conjoncture morose, des soubresauts géopolitiques et, depuis bientôt deux ans, de la menace terroriste.

 

Publié jeudi 15 décembre dans le cadre de son forum annuel à Deauville, le bilan d'activité du syndicat professionnel Seto*, qui représente l'essentiel du marché, se solde par un nouveau recul de la demande, le cinquième d'affilée. La baisse du nombre de forfaits vendus - à base comparable - a été de 4% au cours de l'exercice 2015-2016 (clos au 31 octobre), soit un total de clients de 3,75 millions. Du fait de la hausse de la recette unitaire (+2,1%), le volume d'affaires global a subi un moindre repli, à - 2%, pour un total de 3,9 milliards d'euros.

 

La Tunisie sort des écrans radars

 

Au-delà de cette tendance générale, le secteur reste exposé à de forts contrastes. Première destination des Français, l'Hexagone est quasi stable avec quelque 765.00 clients (-0,3%). Mais il pèse peu en volume d'affaires, et a surtout tiré son épingle du jeu l'hiver dernier avec le ski. A contrario, les destinations long-courrier au trafic moindre (plus de 722.000 clients) et en recul plus sensible (-1,3%) s'avèrent bien plus rémunératrices. Le moyen-courrier, coeur du marché des voyagistes avec quelque 2,2 millions de clients, s'est lui à nouveau effondré (-6%). Les destinations d'Afrique du nord ont été plus que jamais délaissées, tandis que les Canaries et l'Europe du Sud ont fait office de valeurs refuges.

 

La Tunisie, à -71% !, et l'Egypte, à -54%, demeurent « plombées » par leur image de pays peu sûrs, phénomène qui affecte aussi le Maroc mais dans une moindre mesure (-27,5%). Le royaume chérifien n'en rétrograde pas moins encore au palmarès des destinations étrangères préférées des Français. Il a perdu deux places pour se retrouver au sixième rang, quand au début des années 2000 il disputait la première place du podium à la Tunisie, qui elle a carrément disparu des écrans radars. C'est le cas aussi de la Turquie (-73% en 2015-2016), victime d'une situation politique intérieure instable.

 

Récent succès du Portugal

 

En Europe, l'Espagne conforte donc sa position de premier pays visité par les Français à l'étranger (près de 762.000 clients, +3,2%). Elle bénéficie tout particulièrement de l'engouement pour les îles Canaries, au large de l'Afrique. Prises isolément, celles-ci s'affirment même comme première destination au départ de la France, avec 335.000 passagers environ, en hausse de 9,8% sur un an. Le podium des pays en vogue est complété par la Grèce et l'Italie, dont la fréquentation a respectivement crû de 8% et 10%. Le « baromètre annuel » du Seto confirme enfin parmi les destinations moyen-courrier le récent et foudroyant succès du Portugal (+27,1%).

 

Comme le craignaient les professionnels, ce basculement massif des flux touristiques n'a pas été pas sans poser problème. De fait, les capacités ont manqué lors de la haute saison estivale dans les régions les plus demandées, d'où, souligne le Seto, un manque à gagner en terme de chiffre d'affaires.

 

Réveil de Cuba et de la Thaïlande

Sur les destinations long-courrier, le succès de Cuba (+22,3%), une destination réveillée depuis sa reconnaissance par les Etats-Unis, se confirme, tandis que le trafic vers la Thaïlande se rétablit (+23,6%). Le retour en grâce de ce pays traditionnellement apprécié des Français devrait se poursuivre lors la saison d'hiver 2016-2017, au vu de la hausse des réservations.

  

D'une manière générale, sur la base d'un échantillon de ses adhérents et des des prises de commandes enregistrées jusqu'à la fin novembre pour des départs compris entre le 1er novembre et le 20 avril 2017, le Seto fait état d'une croissance globale du trafic de 7,5%. Le marché du moyen-courrier accélère nettement (+12,4%), toujours tiré par le succès de l'Europe du Sud (+14%), tandis que l'Afrique du Nord enregistre une légère reprise (+4%). L'Asie, à +11%, tire le trafic long-courrier (+5,4%). Enfin, l'hiver s'annonce bien également pour la destination France (+4,3%) avec toutefois une baisse de la recette unitaire (-2,7%).

 

*Seto : Syndicat des Entreprises du Tour Operating

Source : "Les Echos" du 17/12/16

Interview des "Echos" : Jean-Marc Ayrault

29/11/2016

Retrouvez ici l'interview de Jean-Marc Ayrault, Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, pour le journal "Les Echos" du 17 novembre.

 

Le nombre de touristes étrangers devrait vraisemblablement passer sous la barre des 80 millions cette année. L'objectif des 100 millions à l'horizon 2020 est-il encore accessible voir crédible ?

La possibilité d'atteindre cet objectif dépend d'un certain nombre de facteurs. A l'évidence, nous étions bien sur le chemin en 2015. A ce stade, le nombre d'arrivées internationales est en recul de 8% cette année, au regard du cumul sur janvier-octobre. Mais je ne pense pas que le ralentissement soit structurel. Il n'y a pas que les attentats qui ont joué. Il y a eu des mouvements sociaux et des inondations. Ceci étant, le secteur a bien résisté. Et le fléchissement de certains marchés, asiatiques en particulier, est lié à tous ces facteurs. Mais l'Asie ne représente que 3% de la fréquentation. Pour autant, il ne faut pas sous-estimer le phénomène compte tenu du potentiel de sa clientèle. Nous avons accueilli 2,2 millions de visiteurs chinois en 2015. Ils pourraient être 5 millions à l'horizon 2020. Il y a aussi un enjeu en termes de recettes. La dépense moyenne des touristes asiatiques - de l'ordre de 1 600 euros par séjour - est le double de celle de la clientèle américaine.

 

Face à la question sécuritaire, quand les mesures récemment décidées seront-elles mises en oeuvre ?

Elles le sont déjà. Parmi les mesures du dernier comité interministériel sur le tourisme, le gouvernement a débloqué 15,5 millions d'euros pour sécuriser les lieux touristiques. Il est insupportable que certains visiteurs étrangers soient une cible de la petite délinquance. Il faut également se soucier de l'accompagnement des groupes.

 

D'autres ont suggéré la création d'une police touristique. Qu'en pensez-vous ?

Ce n'est pas la formule retenue par le gouvernement. Nos forces de police ont la pleine capacité pour assurer la sécurité de nos visiteurs étrangers. Nous privilégions les partenariats avec les pays tiers comme nous l'avons fait pour l'Euro. Nous étudions d'ailleurs un projet en ce sens avec les autorités chinoises. Nous allons également mettre en place un label "sécurité tourisme" pour améliorer la coordination avec les professionnels. La sécurité est appréhendée par nos visiteurs comme étant un élément d'un ensemble. L'image de la France reste bonne, notre capital sympathie n'est pas entamé. Mais il faut organiser la filière, avec les territoires. Le tourisme est une filière majeure, qui représente de 7 à 8 % du PIB et au moins 2 millions d'emplois. Pour renforcer le secteur, il faut examiner les mesures qui relèvent de l'urgence, mais aussi mener une action structurelle.

 

Où en est justement le plan d'action annoncé à l'automne 2015, et notamment le programme d'investissement de 1 milliard d'euros sur cinq ans ?

Sa mise en oeuvre a bien avancé. S'agissant du volet consacré aux hébergements et aux infrastructures, pour lequel la Caisse des Dépôts doit mobiliser 400 millions d'euros de fonds propres, une vingtaine de projets ont été lancés pour un montant total de 460 millions. A titre d'exemple, 3,5 millions sur 22 millions ont été apportés dans le cadre du projet de transformation de l'ancienne caserne de pompiers de Reims en hôtel. De même, 2,3 millions d'euros sont consacrés au projet de rénovation de l'établissement thermal de Châtel-Guyon sur 24 millions. Autre exemple, l'extension du parc Le Petit Prince, en Alsace, fait l'objet d'un apport de 3 millions sur un total de huit. En parallèle, il est prévu une enveloppe de 500 millions d'euros pour la construction ou la rénovation d'hébergements. Un gros investissement vient d'être engagé avec le projet Club Med de Samoëns qui bénéficie d'un apport de 26 millions sur un total de 96 millions. Il y a enfin une troisième composante, l'innovation, pilotée par bpifrance. Un fonds de l'ordre de 100 millions est prévu. Bpifrance a notamment donné un coup de pouce à France Hostels, un nouvel acteur dans le secteur des auberges de jeunesse.

Boom de l'activité d'Airbnb cet été à Paris

11/10/2016

Le site d'hébergement a enregistré une hausse de clientèle de 20 % dans la capitale.

 

Les hôteliers parisiens n'ont pas fini de maudire la concurrence des plates-formes d’hébergement alternatif, notamment celle d'Airbnb. Alors que, sous la menace terroriste, leur baisse d'activité s'est prolongée, voir amplifiée cet été dans la capitale, en particulier dans les segments haut de gamme du luxe, le site d'origine américaine a lui, profité d'une demande soutenue.

 

Sa direction France fait état d'une hausse de 20 % des arrivées de voyageurs dans la capitale, et même de 25 % pour l'Ile-de-France. Ses "hôtes" - ceux qui recourent à la plateforme d'intermédiation pour louer leur hébergement - ont globalement accueilli près de 700 000 voyageurs entre le 15 juin et le 15 septembre, dont plus de 500 000 dans Paris intra-muros, pour une durée de séjour moyenne de 4 jours. Autre donné intéressante : la clientèle était à 81 % étrangère, la part des Etats-Unis, premier pays émetteur devant la France, étant de 23 %.

 

Dans un environnement morose, cette croissance soutenue s'explique par le caractère encore récent d'un mode d'hébergement qui correspond à l'évolution du comportement des voyageurs. Elle tient aussi à l'organisation de l'Euro 2016 de football. Par ailleurs, la direction France d'Airbnb met en exergue l'incidence de sa campagne de promotion à l'international invitant à "vivre à Paris". D'où, à ses dires, le succès des 11e, 18e, 10 et 15e arrondissements, particulièrement recherchés.

"Tour de passe-passe"

La vitalité de la plate-forme devrait alimenter le débat sur l'encadrement du secteur, y compris sur le plan fiscal.

L'association AhTop, qui réunit depuis juillet 2015 des acteurs de l'hébergement et du tourisme, a dénoncé jeudi "le tour de passe-passe d'Airbnb" dans la collecte de la taxe de séjour que l'entreprise doit verser à la Ville de Paris, soit 0,83 centime par nuit et par client. Selon ses constatations, le prélèvement est ainsi de 1 euro pour 2 personnes, à comparer à une moyenne de 1,99 euros pour les hôteliers parisiens. La direction France d'Airbnb admet la pratique des "arrondis" auprès de la clientèle, en attendant une nécessaire modification de son système informatique. Elle précise assumer dans l'immédiat l'apparent manque à gagner pour la Ville de Paris. Sur un an, soit depuis la mise en oeuvre de la taxe, l'opérateur a versé 5,5 millions d'euros à la municipalité.

Source : "Les Echos" du 09/10/16

Le gouvernement débloque 10 millions pour relancer la destination France

21/09/2016

Le "comité d"urgence économique sur le tourisme", installé le 13 juillet suite aux conséquences de l'attaque djihadiste du 13 novembre 2015, s'est réuni pour la 2ème fois le 13 septembre dernier.

A l'issue d'une réunion de travail qui s'est prolongée, le ministre des Affaires étrangères et du développement international - et donc de la promotion de la destination France - Jean-Marc Ayrault, a indiqué mardi que le nombre d'arrivées internationales dans l'Hexagone a baissé de 8 % depuis le début de l'année. Paris et l'Ile-de-France, Nice et la région PACA, depuis l'attentat du 14 juillet, sont particulièrement affectées, a-t-il ajouté, et de souligner "la capacité de résistance de beaucoup de régions".

 

Dans ce contexte, le gouvernement a décidé de porter de 1,5 million à 10 millions d'euros le montant de l'enveloppe débloquée en urgence depuis le début de l'année afin de financer des actions de promotion, a annoncé Jean-Marc Ayrault. Ces fonds exceptionnels, gérés par l'agence Atout France, ne concerneront pas seulement Paris et Nice mais aussi "les régions", a précisé le ministre en soulignant la nécessité de "s'adresser" aux Français, "les premiers touristes en France".

L'initiative gouvernementale a été saluée par les parties prenantes au comité d'urgence. "Il s'agit de crédits 2016 et à 10 millions, on n'est plus dans le saupoudrage", a déclaré Jean-François Martins, l'adjoint à la Mairie de Paris en charge du tourisme. Cette initiative en appelle d'autres. Jean-Marc Ayrault a renvoyé au comité interministériel qui se réunira à la mi-octobre, sous la houlette du Premier ministre, et à la deuxième conférence annuelle du Tourisme qui se tiendra le 17 novembre au Quai d'Orsay.

 

En attendant, selon l'UMIH, la recette unitaire moyenne par chambre disponible (RevPAR) se serait effondrée d’environ 30 % en août pour l'ensemble des catégories hôtelières à Paris, avec un taux d'occupation moyen en recul de l’ordre de 20 points, autour de 60 %. A Nice, août aurait été marqué, selon l'organisation, par un repli de 6 à 10 % des taux d'occupation, pour un chiffre d'affaire des hôteliers en chute de 20 à 25 %. Les salons et manifestations professionnelles organisées à Paris sont les bienvenus pour les hôteliers dont la saison d'été a été très difficile, notamment pour les palaces.

 

A la fin août, le cabinet spécialisé MKG a fait état d'une chute du RevPAR de 21,2 % en moyenne à Paris pour la période du 1er juillet - 20 août et de 15,2 % sur la Côte d'Azur. D'où un recul de 9,4 % pour l'ensemble de la France, qui masque des progressions constatées ailleurs dans le pays. Selon la Fédération Française des Organismes Régionaux de Tourisme "la saison d'été est plutôt bonne exception faite de Paris et Nice. Le tourisme des Français en France se porte bien et la désaffection des clientèles étrangères est d'abord celle des clientèles lointaines, notamment asiatique", observe son directeur de la communication, Benoît Artige. La consommation intérieure a été même supérieure aux attentes, 62 % des Français s'étant "accordés un break" d'après une enquête de l'organisme, alors qu'ils étaient 57 % en juin à être prêt à partir en week-end ou en vacances.

Source : "Les Echos" du 14/09/16